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dimanche 24 août 2014

L'improbable montée vers Tengrela: le dénouement

Après quelques instants de panique (cf article précédent) , le convoyeur appelle tout ceux qui vont à Tengrela. Nous ne sommes que 5. Ils nous conduit vers un mini bus (communément appelé Massa). Nous terminerons le voyage à bord de ce véhicule. Nous ne paierons rien. Le convoyeur a tout réglé avec le chauffeur.

J'envoie un sms au DG (les initiales de mon hôte à Tengrela): "je suis à Kouto, c'est à combien de temps de Tengrela ?",  "2h" me répond-il de façon laconique. Il plaisante certainement, me dis-je. Je réponds également pour blaguer "tchiééé! si c'est comme ça je rentre à Abidjan mdrrr" 

On ne peut pas avoir roulé pendant plus de 5h de temps depuis Bouaké, avoir dépassé toutes ces villes et être encore à 2h de route de Tengrela!

Le Massa, démarre sur une route toujours aussi bonne. Mais Tengrela n'est toujours pas en vue.

Route Kouto-Bolona

18h! Enfin une borne indique que nous sommes à 42 Km de Tengrela. Je commence à souffler. Avec une route aussi bonne, on y sera dans 20 mn.

18h 30, nous dépassons le village de Bolona quand tout à coup .....






Plus de goudron!  j'envoie un texto au DG  "ahiii, goudron est fini ??" il me répond sur un ton compatissant "ça va aller".

Le trajet qui jusque là avait été long mais agréable, devient un véritable calvaire. Nous sommes secoués de toute part sur une voie latéritique qui me semble interminable. Je suis désespéré.... "qui m'a envoyé à Tengrela même ?" je ronronne intérieurement!

Dans ce chahut, un fait hallucinant me tire de mon blase : un camion de livraison de la première brasserie du pays où il est écrit "Yopougon Rue princesse" nous dépasse. Je n'en crois pas mes yeux. Je suis dans un Massa, au Nord du Nord, mais un camion de la société de limonaderie et brasserie d'Afrique revient de quelque part : tant qu'il y a de la boisson, il y a de l'espoir!

19h, je n'ai jamais été aussi heureux de voir l'un des panneaux de nos opérateurs de téléphonie souhaitant la bonne arrivée à l'entrée de chaque ville. "Bienvenue à Tengrela" J'y suis après 7h de route depuis Bouaké. Le DG, n'avait pas menti: le tronçon Kouto-Tengrela avait bien fait 2 heures.
Il arrive quelques instants après notre arrivée à la gare me récupérer sur sa moto. Après de chaleureuses accolades, nous rentrons chez lui pour le diner et une nuit reposante.

Partir, hélas!

Le voyage à lui seul a été une expérience plus qu'intense. Il n'en sera pas moins du séjour.
Le dimanche matin après la messe, nous faisons une visite guidée de la ville, une séance rapide de coaching moto (video) et des rencontres chaleureuses. La petite communauté de fonctionnaires, d'agents d'entreprise privées affectés dans la ville est heureuse de voir un abidjanais avoir parcouru ces milliers de kilomètres pour venir à Tengrela: je ne suis plus seulement l'invité du DG, mais l'invité de tout ceux à qui l'on me présente.

Pot de bienvenue avec DG et ses amis
                                         
L'annonce de mon départ pour le lendemain matin, me gêne presque: "Tu as parcouru tout ce trajet pour faire à peine 2 jours ?" 
Hé oui! J'aurais voulu rester, pour aller découvrir avec mes hôtes, le pittoresque village de Papara où, il y a quelques décennies, une célèbre cantatrice Zélé de Papara, aurait brillé au niveau national et hors des frontières. J'aurais voulu voir ces mines plus importantes que celles d'Ity, parait-il, où des milliers de personnes s'activent chaque jour pour trouver de l'or. J'aurais voulu découvrir ce complexe hôtelier 4 étoiles caché en plein Boundiali, j'aurais voulu ....

Mais mon séjour prendra fin ce lundi  11 Août 2014. Je rentre sur Abidjan. Mais je referai une escale à Yamoussoukro, histoire de faire un tour à la Basilique et remercier le ciel de m'avoir permis de faire ce périple sans encombres.

L'enceinte de la Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro


J'arrive à Abidjan, le 12 Août après 8 jours d'un voyage inoubliable. Désormais, l'intérieur du pays ne me laissera plus jamais indifférent. Il y a tellement de choses à découvrir, de personnes à rencontrer, de merveilles devant lesquelles s'enthousiasmer, d'actions engageantes à initier.... 

L'improbable montée vers Tengrela

Après les découvertes authentiques à Man et une escale gagnoalaise marquée par des retrouvailles chaleureuses, le prochain objectif était de rallier Tengrela, la ville la plus au nord de la Côte d'Ivoire, à partir de Yamoussoukro.

Le trajet Gagnoa Yamoussoukro est effectué avec plus de confort à bord d'un car de la compagnie UTB.  Arrivé à Yamoussoukro à 11h, je me rends à la gare de Korogho pour avoir des informations sur les possibilités de me rendre à Tengrela le lendemain. On me propose d'emprunter un car de la compagnie UTRAKO prévu pour 11h. Cela me semble trop tard, car je veux absolument éviter un voyage de nuit. J'ai l'idée "brillante..." , de monter sur Bouaké tôt le matin (départ à 8h) avec un car UTB. Je me dis qu'une fois sur place, je trouverai facilement une correspondance pour Tengrela. L'après midi serait donc consacrée à une visite à l’hôtel des parlementaires et l’hôtel Président.




A 8h le lendemain, je suis dans le car en partance pour Bouaké où nous arrivons à 10h. J'y avais été pour la dernière fois en août 2002... Je suis étonné de voir le joyeux cafouillage qui règne à la gare UTB de Bouaké, sensée être la gare principale de ladite compagnie comparé à l'ordre relatif qui régnait à Yakro! Pour un départ vers Tengrela, il faut se rendre sur un autre site "la gare de Korogho" vers la sortie de la ville. Une fois sur les lieux, je me rends vite compte qu'en terme de gare, il s'agit plutôt d'un arrêt informel où les cars s'arrêteront si et seulement s'ils ont de la place... 

Après 2h d'attente, de doutes, 3 cars UTRAKO à destination de Tengrela ratés, et la somme de 8000 FCFA déjà payée à un "agent" de ladite gare, j'embarque finalement à 12h à bord d'un car estampillé DA TRANSPORT, inconnu de mon hôte à Tengrela avec qui j'échange par sms. 

L'agent de la gare et le convoyeur avaient échangé quelques mots en Malinké et ils m'assuraient par la suite que le car allait bien à Tengrela. Une fois à bord, j’essaie cependant d'en avoir confirmation auprès de mes voisins mais les échanges sont difficiles: mes voisins ne sont pas parfaitement bilingues Malinké-Français ;-) , moi non pus d'ailleurs. Je retiens qu'ils descendent à Gbon, ville ou village que je ne connais pas. Je sens que ma journée sera palpitante...

Le car  roule à vive allure, sur une route étonnement bonne en comparaison à l'axe Bouaflé - Daloa emprunté quelques jours auparavant. Je ne peux plus faire marche arrière. Je n'ai plus que deux choses à faire: prier pour arriver à destination et .... profiter du paysage.


Le nord, c'est la savane n'est ce pas ...

Je n'avais jamais dépassé Bouaké et pour moi, après Bouaké c'était le Nord. Ce nord, dont on avait appris,  un peu mécaniquement d'ailleurs, à l'école que la végétation était caractérisée par la savane. Et pour moi la Savane, c'était un endroit un peu sinistre sans verdure.

Ce trajet fut une occasion inédite pour moi, de remplacer les clichés par des paysages beaux par leurs simplicités et leurs sobriétés: de véritables aquarelles!

Boundiali
Enclos axe Niakaramadougou-Korogho

La Mosquée de Katiola
Collines à la sortie de Boundiali


Katiola, Niakara, Korhogo, Boundiali ....: pendant 5h nous traversons ces villes que je ne connaissais que de nom, qui me paraissaient si lointaines et qui ne m'évoquaient rien d'attrayant.

A 17h nous arrivons à Kouto. Tout le monde descend: c'est le Terminus! Terminus ? on m'avait dit que le car allait à Tengrela ...?

Retrouvez la suite à l'article suivant: L'improbable montée vers Tengrela: Le dénouement

vendredi 22 août 2014

Merveilles et rencontres authentiques à Man

Ma tournée à l'intérieur du pays était actée (cf article précédent) et elle commençait le Lundi 04 Août 2014 avec un paquetage léger: Direction Man!

J'avais obtenu des contacts de la part de parents et amis qui avaient des connaissances sur place. Ces contacts pourraient m'aider à découvrir la ville et me donner des pistes pour d'éventuelles initiatives visant à assurer une meilleure visibilité de la ville sur la toile. Mais je ne me faisais pas d'illusions: personne n'aurait le temps de me tenir la main pour me faire découvrir la ville. Ces contacts avaient des activités qu'ils ne bousculeraient pas rien que pour moi.

Conscient de ce qui m'attendait (ou de ceux qui ne m'attendaient pas, c'est selon...), je quittai la maison à 5h30 pour la gare ST (Soum Transport) à Adjamé. Pourquoi 5h30 ? Pour embarquer dans le premier départ pour Man à 6h30: ce serait un car climatisé et confortable m'avait-on dit et je pourrais être à Man avant la tombée de la nuit (17h).

Arrivé à la dite gare à 6h, je me rends vite compte que je ne voyagerai pas à bord dudit car climatisé.

                                   

Entassés comme on eu pu avec des bagages bien incommodant, nous démarrons à 9h. Après un voyage ponctué par des haltes multiples (contrôle de police, panne mécanique, montées et descentes intempestives de passagers) et un confort à la limite de l'acceptable, j'arrive à Man à 21h au lieu de 17h.

Fatigué et affamé, je me rends à pied à l'hôtel Les Cascades de Man. Ces braves chauffeurs de Taxi manois ayant estimé que la distance entre la Gare et l'hôtel n'en valait pas la chandelle. ça me rappelait étrangement nos chauffeurs de Taxi woro woro abidjanais... en terme de découverte engageante et enthousiasmante, j'étais loin du compte jusque là!

Une fois à l'hôtel, le personnel (vigiles et réceptionnistes) m'accueillent d'un air suspicieux: un jeune homme débarquant à 21h, à pied tout transpirant avec un sac à dos et un sac en bandoulière, ça ne correspondait, semble t-il, pas vraiment au standard de la clientèle habituelle... Bref! 
Je prends mes quartiers dans la chambre réservée une semaine auparavant. J'aurais une journée chargée le lendemain.

7h, le Mardi 05 Août 2014, réveil tranquille dans une atmosphère paisible. Avant de quitter l'hôtel, je réalise la première photo de la journée au bord de cette fameuse piscine panoramique qui m'avait quasiment obsédée.
Capture d'écran video www.ondikoi.net

Mardi 05 Août 2014 - Copyright le blogdugbailleur

L'objectif de la journée était basique: découverte des incontournables Cascades de Man (et plus si affinités) et rencontre, si possible, avec des acteurs sociaux économiques de la ville. J'ai en tout et pour tout 24h pleine à passer à Man car je m'en irais dès le lendemain matin.

9h, je m'engouffre dans un taxi pour les fameuses Cascades. 



On me conduit au pied de ce qui semble être une montagne qu'il faut remonter à pied: la piste est impraticable pour les véhicules. Va y avoir du sport!

Après 10mn de marche, j'arrive au niveau d'une entrée avec un panneau où il est écrit "Projet de réhabilitation des Cascades Naturelles de Zadepleu".

Je m'inquiète un peu de ce que je vais trouver sur ce site en réhabilitation. On m’avait qu'il y avait eu de gros dégâts lors de la crise socio-politique. Un homme d'un certain âge, m'informe qu'il faut s'acquitter de la somme de 200 FCFA avant de pénétrer sur le site. J'obtempère. Aucun reçu ne m'est remis. Est ce légal ? A quoi sert cette contribution ? Je ne m'attarderai pas en interrogations. J'entends déjà un bruissement qui ne saurait-être autre que celui des Cascades. Cette petite video vous permettra de partager ce moment de découverte exaltant.



C'est au pied de ce spectacle magnifique que je fus rejoint par Clémence et son cousin Ahmed.  Ahmed, natif de Man, accompagnait sa cousine de passage pour redécouvrir les Cascades qu'elle avait visité petite. 



Un climat de sympathie et de convivialité s'installa presque naturellement entre nous, sans doute facilité par des cascades faces auxquelles on ne peut que ressentir joie et humilité!  

Ahmed nous fera ainsi découvrir la forêt aux singes sacrés de Gbepleu (pas forcement à propos j'en conviens, compte tenu de l'actualité #StopEbola) et nous racontera ainsi tout un tas d'anecdotes sur la villes et son histoire.  Il y aurait des cascades sur le mont Tonkpi encore plus belles que celles de Zadepleu, nous dit-il! Malheureusement on n'aura pas le temps d'aller les visiter. 

Après un déjeuner dans un restaurant au décor atypique dans le centre-ville, nous nous rendrons à la boutique où travaille Ahmed pour voir les différentes tenues traditionnelles proposées. Il travaille pour le président de l'association des tisserands de la région (heureuse coïncidence: un éventuel projet pour une meilleure visibilité des régions... vous vous souvenez ?) Nous échangeons donc sur la nécessité d'une meilleure visibilité des activités et potentialités de la région sur la toile. 

Plus tard dans la soirée, il aura la gentillesse de me faire découvrir sur sa moto quelques points chauds de la ville.

Maquis-Bar la Class A de Man

 Le lendemain matin à 8h, je quitte Man à l'issue d'un séjour qui finalement s'est avéré trop court mais intense. 

J'étais arrivé dans cette ville avec peu de certitudes: des contacts que je n'ai malheureusement pas pu rencontrer, un caprice lié à une piscine vue dans une vidéo sur internet et la crainte de m'ennuyer seul dans une ville que je ne connaissais pas. J'en reparti émerveillé par les paysages découverts, riches de l'authenticité des personnes rencontrées et avec plein d'idées d'action pour une meilleure promotion des régions en ligne. 

La prochaine étape, ce serait Tengrela avec des escales à Gagnoa et à Yamoussoukro.  
A lire: l'improbable montée vers Tengrela

mercredi 20 août 2014

L'histoire d'une tournée à l'intérieur du pays

Pluie et châteaux de sable à Abidjan; Le soleil des irrévérences;  Les microbes ou le phénomène "La galère a fait de nous des truands" .... oui avec ces projets d'articles sur ce quotidien parfois tourmenté auquel tout abidjanais est confronté d'une manière ou d'une autre, LeBlogbduGbailleur était en passe de devenir LeBlogduGrognon.   

Mais, je ne voulais pas me résigner à une telle vision des choses. Quelqu'un a dit un jour "le plus grand drame d'une âme, est de ne plus s'enthousiasmer de rien" ou quelque chose de semblable. C'est ainsi que je décidai, il y a quelques mois, de profiter de mes vacances en Août pour aller découvrir d'autres réalités, celles de l'intérieur du pays que j’espérais plus engageantes et enthousiasmantes que celles d'Abidjan.

Les régions au menu...
 
Des réalités plus engageantes et enthousiasmantes à l'intérieur du pays, c'était l'idée. Il fallait maintenant choisir à la carte des villes et trouver de vraies motivations pour y aller.

Dans cette perspective, mon browsing* s'orienta essentiellement vers la recherche d'attraits touristiques, de contacts, associations et autres activités sur les villes de l'intérieur du pays. Un constat s'imposa alors: ce type de contenus sur nos régions et surtout la représentativité des populations (individus ou groupes) y vivant sur les réseaux sociaux sont rares et parcellaires, à tout le moins mal référencés sur la toile. A l'heure où l'on parle d’émergence, un chantier important se dessinait donc pour une meilleure valorisation de nos régions, de leurs populations et de leurs attraits sur la toile... 

Je tombai quand même sur une vidéo promotionnelle de l'hôtel Les Cascades de Man. Cette vidéo ne m'aurait intéressée outre mesure, s'il n'y avait eu cette image.


                          


Je ne sais pas pour vous, mais cette piscine offrant une vue panoramique sur un paysage brumeux de montagnes était pour moi digne des plus belles cartes postales que j'aie vues.

Une telle piscine à Man! Je doutai même de l'authenticité de cette image que je présentai à plusieurs proches. J'avais ma première étape: Man et ses paysages surprenants. 

Si  le choix de Man, relevait de la pure curiosité touristique, la seconde étape de ce voyage relevait quant à elle d'une de ces promesses de visite que l'on fait un peu légèrement (je l'avoue aujourd'hui) autour d'un verre, ou lors d'un coup de fil rapide à un ami affecté dans une bourgade dont on ne sait pas grand chose: Tengrela.

Tengrela, pour moi ce n'était qu'une de ces villes du nord de la Côte d'Ivoire, dont on parlait parfois dans la partie infos régionales du journal Télévisé et qui ne m'évoquait rien et encore moins "l'enthousiasme et l'engagement".

Pour le  DG, initiales de cet ami de Cocody-Angré, qui y avait été envoyé à son corps défendant depuis plus d'un an, Tengrela, c'était :"le chapeau de la Côte d'Ivoire", la ville bordée à son Nord, Est et Ouest par le Mali, le "Teng" ...allusion ironique au "Beng" , le Nord dans l'expression  les "Relations Nord-Sud" .... 

 Abidjan lui manquait mais des visites régulières ne semblaient pas à l'ordre du jour: 11h de route, ça calme les ardeurs disait-il!
 
                                  

Sur la carte, comme vous pouvez le voir, pas besoin de chercher pendant bien longtemps: Tengrela, c'est la ville la plus au Nord du pays.

La seconde étape clé était validée: ce serait Tengrela, à plus de 800 Km d'Abidjan! On verrait de quoi il en retourne pour que le DG n'en soit revenu nous voir qu'une seule fois....

L'affaire était entendue: je consacrerais donc 8 jours en août, pour aller découvrir Man et Tengrela et me rendre compte des opportunités et contraintes d'un projet pour une meilleure visibilité de nos régions en ligne.



Retrouvez le récit de l'étape de Man : Merveilles et Rencontres authentiques à Man 

*Browsing: Technique de recherche d' informations par défilement des données à l' écran. Le terme équivalent en français est "navigation".

lundi 4 août 2014

Sortie au large de l'île aux Serpents

Mon article précédent traitait de ces endroits ordinaires de notre chère ville Abidjan dont on peut redécouvrir les charmes en s'improvisant guide pour une connaissance de passage.

Aujourd'hui, je veux parler de ces activités ou lieux qui nous semblent souvent inaccessibles pour des raisons tierces: manque de temps, manque de moyens (quoiqu'on en connaisse très rarement les vrais coûts...) ou tout simplement manque d'audaces....

Par la force des choses, j'ai eu l'occasion, au mois de mai dernier, de découvrir avec des amis et collègues ivoiriens, maliens, camerounais, un cadre exotique dont j'entendais parler depuis un certains temps: Songon Park.

En effet, nous souhaitions profiter du férié du 1er mai pour changer d'air, mais aussi et surtout souhaiter le traditionnel Akwaba à ces collègues arrivés depuis quelques mois au pays. Inutile de dire que les classiques ivoiriens (maquis, plage, bars), ils connaissaient déjà. Le but du jeu, c'était de leur faire découvrir autre chose que notre train train ludique abidjanais. 

Après moult réflexions, l'idée un peu folle fut émise: une croisière en bateau au large du chapelet d'îles bordant le village de Songon-Té sur la lagune Ebrié à partir de Songon Park..!                             

     Localisation Google Map 
 
 



Emballés par le concept, nous l'étions. Maintenant comment et surtout combien ? c'était l'étape suivante.

Un coup de fil passé au contact trouvé très simplement sur le site internet http://www.songonpark.com/ et le schéma proposé fut le suivant: pour 15000 F.CFA nous pouvions réserver 1 créneau de 20mn par groupe de 10 maximum. Nous étions 15, le tour était joué! 
Pour meubler le reste de la journée, le complexe nous proposait de nombreuses commodités: une piscine (payante), des aires de jeu (babifoot, foot, basket etc...) et un menu assez riche pour le déjeuner et éventuellement le goûter.
Nous avions juste hâte de faire cette sortie et espérions juste ne pas avoir de mauvaise surprise une fois sur place.

Le jour J
 
A 1h de route ... et de nid de poules après le corridor PK 17 (route de Dabou), nous y étions! 

L'entrée du complexe

Copyright: Leblogdugbailleur

 Le tableau qui s'offrait à nous dès notre entrée dans le complexe était idyllique: allée centrale pavée, vue imprenable sur la lagune et canards déambulant sous un ciel azur.... la journée s'annonçait sous de bons auspices!                                  

Nos quartiers pris sous l'une des paillotes du complexe, nous en vinrent rapidement à l'objet principal de notre sortie: la croisière. Après des échanges avec le pilote du bateau et près d'une heure d'attente (le temps d'aller acheter du carburant....), les choses sérieuses pouvaient enfin commencer.

Notre objectif était de sortir de ces fameux classiques ivoiriens, avoir d'autres émotions à des tarifs convenables. Je vous laisse regarder ces quelques photos/vidéos pour vous faire une idée de ce que nous avons vécu lors de cette virée!

Départ du premier groupe


Copyright: Leblogdugbailleur

Ballade au large de l'île aux Serpents
 


Retour du second groupe
Copyright: Leblogdugbailleur

Le déjeuner

Copyright: Leblogdugbailleur

Score final: à raison de 10.000 F.CFA (Transport non compris) par personne, nous avons passé une agréable journée à  seulement 1h d'Abidjan et réalisé ce qui nous semblait fou: une croisière inoubliable sous un ciel azur!

La leçon que je tire de cette journée est que de nombreuses autres expériences de ce type, souvent à quelques heures de notre routine urbaine, s'offrent à nous, parfois à des conditions financières plus accessible qu'on peut le penser (à tout le moins si l'on s'organise bien). Il ne nous reste plus qu'à oser aller les découvrir. 



 

samedi 26 juillet 2014

"Alors, qu'est ce qu'il y a d'original à découvrir à Abidjan et aux alentours?"


"Alors, qu'est ce qu'il y a d'original à découvrir à Abidjan et aux alentours?" voici la question face à laquelle je n'aurais jamais cru rester bouche bée.

Oui, ces derniers mois, des collègues et moi avons été soumis à ces interrogations de nombreux collaborateurs étrangers de passage en CI pour des missions de quelques jours. L'essentiel de nos idées de sorties se résumèrent assez vite dans le triptyque: maquis, plage, boîtes de nuits !




 Rue des Bars à Angré by LeBlogduGbailleur
                                      Cf article Le blogduGbailleur "Un vendredi soir à la Rue des bars"

Nous qui étions convaincus du "Abidjan est le plus doux au monde" nous rendions compte que les loisirs phares en Abidjan (l'ambiance dj/zouglou, l'attiekey et l'alloco) étaient déjà bien connus de la plupart de nos invités: d'autres avant nous leur avaient déjà fait la classique!
                                   
Il y a quelques mois, pour satisfaire la soif d'authenticité d'un de nos visiteurs, Romain, vis à vis de la Côte d'Ivoire post crise, nous nous surprîmes à jouer les guides touristiques urbains avec un mini-circuit improvisé.

Après l'avoir récupéré à son hôtel au Plateau ce Samedi à 10h, nous nous rendîmes dans une célèbre boutique de tissus sur la Rue du Commerce pour faire quelques emplettes. Il était épaté par les couleurs et les motifs originaux qu'il découvrit. Par la suite nous fîmes une escale à la Cathédrale St Paul du Plateau.

image wikipedia
                     
Bien que n'étant pas croyant, il fut étonné de l'architecture "moderne" de cet édifice. En effet, les Cathédrales pour ce parisien, c'était des bâtiments au style plutôt gothique. Nous pour qui cette cathédrale faisait partie du décor, ne soupçonnions point cette particularité.

La 3ème étape de notre circuit, fut peut-être la plus mémorable pour Romain, Joseph (mon accolyte "guide") et moi: Le Lycée Classique d'Abidjan.

Joseph et moi, y avions fait notre Lycée dans les années 2000 à 2 ans d'intervalle mais l'expérience y avait été aussi riche. Raconter nos souvenirs de profs souvent trop passionnés, d'élèves aussi doués qu'impétueux n'hésitant pas à prendre la "porte des étoiles"... , ces grèves impromptues qui vous annulent de facto un devoir mal engagé et ces rencontres sportives inter-classes/inter-écoles épiques, lui firent ressentir l'intensité de notre passage dans cet établissement d'excellence, en état de dégradation avancée, qui fut jadis réservé aux Européens. 

                  Le Lycée Classique le 13 Mars 1960        
                                                                 Crédit photo: Wikipedia

Le détail étonnant pour Romain, qui nous fit bien sourire: la présence des palmiers dans l’établissement. Pour lui les palmiers, ça rimait avec les vacances...

La dernière étape, fut Blockhauss, petit village Ebrié en plein Cocody. Flâner dans les rues pittoresques de ce village dans la ville, fut aussi dépaysant pour notre hôte que pour nous, habitués aux tumultes du métro et des.... woro-woro*!  
Vue de Blockhauss
      Crédit photo: Ventagogo


La tanti qui fait agbodjaman a blocoss #abidjan #attieke #village
 Image intitulée "La tanti qui fait agbodjaman a blocoss" 
                                                                   Crédit photo:Brice Esso

Pour finir cette journée de découverte, un passage obligé dans les unités de production d'Attiekey en bordure de lagune s'imposait. Ce fut l'occasion pour Romain de découvrir le procédé de fabrication de cet immanquable de la gastronomie ivoirienne et de ramener des paquets tout droits sortis du feu.

Production d'Attiekey à Blockhauss
                                                                   Crédit photo: Mobilytrip

Je dois avouer que sortir des sentiers battus (plage, maquis, bar) pour faire découvrir, cet autre, Abidjan à un regard étranger fut une expérience fort gratifiante que je vous recommande vivement pour ces vacances 2014 avec vos connaissances de passages dans le pays.  

Alors, quelles idées originales proposeriez-vous pour étonner un hôte en quête d'originalité et d'authenticité à Abidjan et banlieue ?

*Woro woro: Taxis en communs à Abidjan. Notez qu'il existe aussi d'autres moyens de transport : les taxis classiques, les bus, bateau-bus  

Pour aller plus loin:
- Lisez cet article du blogueur togolais Aph Tahl qui a eu à vivre une expérience similaire en faisant découvrir son Lomé natal à la blogueuse ivoirienne Aamlorie. 
- Si vous voulez accueillir des voyageurs souhaitant découvrir Abidjan ou d'autres villes de la CI, rendez-vous sur le site https://www.couchsurfing.org 
- Retrouvez toutes mes expériences de sorties ici